Getting the transcript
Reading the captions from YouTube. A video nobody has opened here before takes 10 to 30 seconds; this page fills in on its own.
Getting the transcript
Reading the captions from YouTube. A video nobody has opened here before takes 10 to 30 seconds; this page fills in on its own.

INA Culture · @Inaculture
Where viewers went back to watch this video again, from YouTube's public Most replayed graph, lined up with what was said at that moment.
Most replayed moment #1
0:451.9x the video's typical replay level
L'écriture plate me vient naturellement, celle-là même que j'utilisais en écrivant autrefois mes parents pour leur dire les nouvelles essentielles. Oui. Euh je crois que c'était très important pour moi de ne pas vouloir faire un un roman avec l'existence de mon père. Ça m'est apparu comme une
Said at 0:37
Most replayed moment #2
5:531.9x the video's typical replay level
la phrase moi qui me il y a une phrase qui est terrible vous écrit un moment j'écris peut-être parce qu'on avait plus rien à se dire oui je crois que oui c'est vrai phrase c'est parce que mon père ne ne savait pas parler le beau langage le langage
Said at 5:45
Most replayed moment #3
6:121.8x the video's typical replay level
parlait encore un peu pas toi et ceil a désiré par-dessus tout, c'est que je fasse des études, que j'ai des diplômes, que j'ai tout ce qu'il n'avait pas eu et au fur et à mesure que j'obtenais ces diplômes que je en même temps moi, je changeais de monde et je n'ai pas été une enfant double, j'étais une enfant
Said at 6:06
The graph counts replays. It does not show where viewers stopped watching.
Words
2,049
Runtime
10:41
Speaking pace
192wpm
Reading time
9min
192 words per minute, between the 181 median and the 201 75th percentile of 349 measured videos. That distribution comes from the 349-video hook study.
Opening (first 30 seconds)
Alors, on va passer à Annie Ernaud qui a peut-être fait peut-être je sais pas le contraire de ce qu'a fait Jeanuel Clancy. Alors avant de dire ce qu'il y a dans le livre, je voudrais dire la manière parce que évidemment c'est très important. Je peux lire cette c'est extrait de la page 24. Depuis peu, je sais que le roman est impossible. Pour rendre compte d'une vie soumise à la nécessité, c'estàdire celle de votre père, je n'ai pas le droit de prendre d'abord le parti de l'art, ni de chercher à faire quelque
96 words, the words spoken in the first 30 seconds at 192 words per minute.
Free, no signup. See how the first 30 seconds hold attention, with rewrites.
Sentence shape
| Measure | This transcript |
|---|---|
| Sentences | 108 |
| Average words per sentence | 19.0 |
| Longest sentence | 187 words |
| Questions asked | 1 |
| Sentences containing a number | 6 |
Most used terms
Run the check on the words above: where attention is likely to drop, with a rewrite for each weak line. The free check shows the scores and the one issue costing the most.
What this transcript is
Every word below is the caption track YouTube publishes for this video, pulled from the video itself and reproduced unchanged. It is not Prepublish's writing, not a summary, and not a re-transcription: it is the video's own published captions. French captions, generated automatically by YouTube, in the video’s original language. Source: the video on YouTube. A channel that would rather this page did not exist can ask for its removal through the contact page, and it is removed.
Alors, on va passer à Annie Ernaud qui a peut-être fait peut-être je sais pas le contraire de ce qu'a fait Jeanuel Clancy. Alors avant de dire ce qu'il y a dans le livre, je voudrais dire la manière parce que évidemment c'est très important. Je peux lire cette c'est extrait de la page 24. Depuis peu, je sais que le roman est impossible. Pour rendre compte d'une vie soumise à la nécessité, c'estàdire celle de votre père, je n'ai pas le droit de prendre d'abord le parti de l'art, ni de chercher à faire quelque chose de passionnant ou d'émouvant, entre guillemets.
Je rassemblerai les paroles, les gestes, les goûts de mon père, les faits marquants de sa vie, tous les signes objectifs d'une existence que j'ai aussi partagé. Aucune poésie du souvenir, pas de dérision jubilante. L'écriture plate me vient naturellement, celle-là même que j'utilisais en écrivant autrefois mes parents pour leur dire les nouvelles essentielles. Oui. Euh je crois que c'était très important pour moi de ne pas vouloir faire un un roman avec l'existence de mon père. Ça m'est apparu comme une sorte de trahison.
Euh bien parce que quand on fait un roman, on d'abord on prend un personnage. Ce personnage ça aurait été mon père. J'aurais j'aurais fait son portrait, j'aurais parlé de lui euh très certainement soit en en l'embellissant vraisemblablement en embellissant beaucoup de choses et euh aussi en faisant des scènes comme si j'y étais encore par exemple en en traçant en reproduisant un paysage enfin toutes sortes de choses qui me paraissaient pas du tout rendre sa vie.
La vie de mon père a été une existence qui a été vraiment très très pauvre au départ. Il a quitté l'école à 12 ans pour aller travailler dans une ferme parce qu'on avait besoin qu'il travaille dans une ferme. Enfin, il y a pas d'autres possibilité. Et ensuite, il y est resté jusqu'au régiment. Ensuite, et bien, il est devenu ouvrier. C'était toujours ce que j'appelle la nécessité. Il n'y avait pas d'autre choix. Et après, il est il était couvreur.
Enfin, il a fait divers travaux manuels. Enfin, il s'est marié et avec sa femme, ma mère, il a pris un petit commerce. qui était vraiment très petit en Normandie. Il ne pouvait absolument pas vivre sur ce commerce tous les deux et il allit rester ouvrier jusqu'à la guerre 40. Ensuite, il s'est établi euh enfin il y a eu la guerre et en 45 il est il a pu avoir un commerce, un café épicerie qui le laissait vivre. Donc c'était une vie qui était toujours vraiment c'est une toute petite ascension sociale, une vie où là il y avait beaucoup de gênes.
C'est une vie que j'ai partagé et avec ça on peut pas faire de roman. Je crois que pour retrouver, il fallait que je que je je scrute vraiment dans ma mémoire toutes les choses qui m'avaient marqué. Travailler sur la mémoire, travailler aussi beaucoup sur tout ce que j'avais entendu étant enfant. Je pense que les mots, les phrases qu'on emploie euh retracent vraiment le monde où on vit. Par exemple, très souvent, on disait à la maison, on n'est pas malheureux, il y a plus malheureux que nous.
Oui. Bien, rien que de dire cela, ça montre ça montra déjà notre limitation. Euh, enfin, toutes sortes de phrases qui m'ont beaucoup marqué. On on me disait à moi, "Tu ne comptes rien, tu ne comptes." C'était vraiment c'est une vie où tout coûtait cher, où on était extrêmement limité. Et je pense que les les le roman le le livre de souvenirs aussi et ça c'est pas du tout une critique pour George Emmanuel Clancier mais ça embellit toujours.
C'est au regard de souvenirs quand on quand on se laisse aller et moi je ne voulais pas me laisser aller. Je voulais à travers l'histoire de mon père surtout c'est je pense que c'est aussi la mémoire de beaucoup d'autres gens que je retraçais. Oui. Mais alors quitte à vous déplaire. Je vais vous dire que votre livre il est beau, il est émouvant et que cette simplicité, cette extrême simplicité relève de l'art. Oui, c'est absolument contradictoire ce que vous dites parce que vous avez vous vous insurgez contre l'art et vous avez fait de l'art.
Vous n'avez peut-être pas fabulé, vous n'avez pas extrapolé, mais vous avez choisi les seuls mots capables de rendre ce que vous dites avec d'ailleurs un professionnalisme tout à fait extraordinaire et qui est un peu le contraire de ce que vous dites. Oui. Oui. Je pense que c'est-à-dire c'est le point de vue roman peut-être traditionnel que j'ai refusé. J'ai voulu d'abord euh je voulais vraiment euh faire une bon l'écriture plate dont vous avez parlé et l'écriture du constat, c'est-à-dire je ne voulais pas commenter. Ça ça rejoint enfin des préoccupations très importantes. commenter par exemple et bien mon grand-père, mon grand-père qui ne savait pas lire non plus et qui a fini sa vie à l'hôpital et bien mon père allait lui porter, c'était pas la peine de lui porter des choses culturelles puisqu'il ne savait pas lire et bien lui portait son petit verre son petit flacon de goutte.
On disait la goutte et bien je n'ai pas à commenter. Je dis les faits tels qu'ils sont, il me semble que ça suffit. Et voilà tout le monde pu vous voulez pas non plus raconter ce qu'il y a autour. Vous voulez pas dire voilà ce qu'on chantait à cette époque et cetera. Ça, il y a un refus c'est vrai. Et puis il y a le effectivement et c'est pour ça qu'il y a c'est un livre très très court qui fait 100 petites pages et c'est simplicité mais là je suis tout à fait la vie de la mosquée.
Il y a un refus de l'art qui débouche quand même sur un art tout à fait épat. D'ailleurs, ce que je crois, moi ce qui me semble, j'étais extrêmement sensible à votre livre, c'est que vous parlez en effet d'écriture de constat mais le sentiment que j'ai c'est un effet que il y avait un tel amour en vous en dess de votre écriture et une telle émotion que vous contrôlez que presque malgré vous dirais justement cette émotion là très forte.
Ah c'est oui, elle est très forte. est très forte et et ce n'est pas une c'est en apparence une écriture de constat et ce n'est pas une écriture de constat c'est un portrait très très tenu mais très tendre finalement à la phrase moi qui me il y a une phrase qui est terrible vous écrit un moment j'écris peut-être parce qu'on avait plus rien à se dire oui je crois que oui c'est vrai phrase c'est parce que mon père ne ne savait pas parler le beau langage le langage des des des classes dominantes il euh il parlait encore un peu pas toi et ceil a désiré par-dessus tout, c'est que je fasse des études, que j'ai des diplômes, que j'ai tout ce qu'il n'avait pas eu et au fur et à mesure que j'obtenais ces diplômes que je en même temps moi, je changeais de monde et je n'ai pas été une enfant double, j'étais une enfant déchirée, je pense déchirée entre le milieu de mes parents et puis un milieu petit bourgeois que automatiquement je me suis mise à fréquenter et j'avais des j'avais des intérêts différents des siens.
Je lisais, on on se on ne parlait plus du même langage. Je crois que cette question de langage entre lui et moi et c'était extrêmement important. Oui. Vous dites que c'était peut-être la chose la plus terrible qu'il y avait entre vous. Oui. Mais en même temps euh il il n'aimait pas que vous dites par exemple euh je sais pas prof ou bien euh bouquin. Il aimait pas ça. Non parce qu'il il pensait que si j'avais eu la chance d'apprendre justement à bien parler euh c'était c'était manqué de respect. finalement à ce que euh à ce qu'on apprenait, il avait un respect très religieux de de l'école.
Oui, mais d'ailleurs vous aussi vous dites le problème de langage est très important dans je crois que c'est capital justement. Enfin, ce sont les mêmes problèmes posent les mêmes effets humains. Et il parlait entre eux, pas toi, on dit plus pas toi, il parlait limousin entre mes grands-parents, mais automatiquement lorsqu'il s'adressait à moi, il me parlait français et ils attendaient que je je ne les imite pas mais que je parle français justement parce que ça leur paraissait une sorte de promotion nécessaire. il rêvait certainement d'un autre monde.
Euh d'une certaine manière, il souffraient en effet de se sentir comme relégué dans ce monde qu'ils aimaient pourtant profondément. Ouais. Oui. Mais et c'est là où ça devient passionnant votre livre, c'est que donc vous vous avez des diplômes, vous devenez quelqu'un d'instruit et puis lui reste ce qu'il est. Il est fier de sa fille mais en même temps, il en a un peu honte. Parce que vous dites ceci devant la famille, les clients de la gêne presque de la honte que je gagne que je ne gagne pas encore ma vie à 17 ans alors que autour de de lui toutes les filles, il craignait qu'on ne me prenne pour une paresseuse et lui pour un crâneur comme une excuse, on ne l'a jamais poussé.
Elle avait ça dans elle. Oui, ça c'est c'est très très net. C'est-à-dire que pour lui le travail le travail du chapeau, le travail de la tête comme il disait et bien c'était pas ça n'a jamais au fond été un vrai travail. Et je pense que je pense que beaucoup de gens qui qui travaillent de leurs mains euh continuent de le penser parce que on peut pas tricher quand on travaille de ses mains et que la tête ça lui paraissait travailler avec sa tête parce que je reprends cette cette expression qu'il avait très souvent, c'était c'était à la fois il pensait que c'était pas facile non mais que c'était un peut-être un jeu que c'était ça ne serait jamais aussi dur et il quand il employait mon travail il me disait jamais tu travailles bien à l'école, il étu apprend bien parce que pour lui travailler ça n'a toujours été travailler ses mains.
Alors il me voyait continuer des études et vis-à-vis des autres des autres des clients qui pour la plupart étaient des ouvriers et il pensait que finalement j'avais bien de la chance et qu'il ne fallait pas il fallait pas écraser de de de cette chance que j'avais de mon entourage. Et puis en même temps vous le dit dans le livre vous trouvez vous le citez ce mot pegno. Ça fait un peu pecno de ce que vous aimiez quelques années auparavant.
Vous vous en détournez. Oui. C'est-à-dire qu'il y a une coupure qui passe par moi, c'est-à-dire qui passe en moi. J'aimais tout ce qu'aimaient mes parents. C'est-à-dire moi, j'aimais j'aimais aussi bien lire Confidence, j'aimais lire les feuilletons. Euh tout cela me plaisait. Et euh à un moment par l'école, j'ai on on m'a appris que c'était de la bon tout ça c'était et donc moi je je suis je m'étais séparée de moi-même en même temps que j'étais séparée de mes parents.
C'est comme ça. C'est c'est les effets de c'est les effets de la de l'ascension sociale qu'il y a dans tout enfin qu'on rencontre un peu partout. et il y a une il y a un ancien mois et et un nouveau mois et je crois que c'est c'est la faute. C'était ni la faute de mes parents, je pas dire c'était ma faute mais enfin c'est c'est comme ça. Et avec ce livre vous remboursez une dette ? C'est une réparation sûrement. C'est une réparation.
C'est aussi euh le désir de de faire vivre la culture de de mon père. C'estd euh ce qu'il aimait. Je décris comment il tenait ses mains, comment il passait ses dimanches et que tout cela c'est pas méprisable. C'est aussi une réhabilité son mode de vie à lui. Hm hm. Yeah.
The words are the caption track's own and nothing is reworded or re-transcribed. Paragraph breaks are placed between sentences so the text reads as prose.
Free tools for your own script: paste a draft and see where it stands before you record it.
Paste your draft and see where viewers are likely to drop off, with a rewrite for each weak line.
Paste the first 30 seconds of your own draft for a hook score and rewrites.
Check your draft against YouTube's advertiser-friendly guidelines before you record it.
Read this channel's public videos and transcripts, and download a writing brief for it.